Profession sourceur

Sourceur ? Mais c’est quoi un sourceur ? C’est un métier aussi méconnu qu’indispensable à la filière du cacao et à la fabrication du chocolat ! Chez Valrhona, ils sont 4 à l’exercer. Nous avons rencontré l’un d’entre eux, Julien Desmedt, sourceur passionné depuis bientôt 10 ans.

profession sourceur julien desmedt

Être sourceur chez Valrhona.

Le sourceur déniche et entretient les relations avec les producteurs de cacao dans différents pays du monde. En interne, il travaille en étroite collaboration avec le service qualité, les commerciaux mais aussi la Recherche & Développement ou encore le département Responsabilité Sociétale des Entreprises, dans lequel ses fonctions sont profondément ancrées. En effet, le programme de Durabilité « Live Long » de Valrhona est composé de 4 piliers (le cacao, l’environnement, la gastronomie et l’ensemble de nos parties prenantes). Le sourceur anime et alimente le pilier cacao, avec notamment les projets aux bénéfices de ses partenaires et des communautés environnantes.

En théorie, ses missions s’arrêtent dès lors que les fèves de cacao sont livrées à la chocolaterie et que la production prend le relais. Mais le sourceur Valrhona revêt de multiples casquettes avant l’arrivée de ces dernières sur le site de Tain l’Hermitage ! Ambassadeur de la marque, fervent défenseur des producteurs, il est un trait d’union entre les deux pour instaurer un partenariat placé sous le signe de la confiance et d’une relation gagnante-gagnante vertueuse. « Notre métier présente deux axes essentiels », explique Julien Desmedt. « Il y a d’abord, le sourcing pur, c’est à dire la veille que nous réalisons pour trouver nos prochains partenaires, apprécier les tendances du marché et être à l’écoute de la filière. Ensuite, il y a le développement des partenariats avec les producteurs de cacao avec lesquels nous travaillons. Dans ce cadre-là, nous les accompagnons vers de meilleures pratiques sociétales et environnementales et les aidons à développer des projets facilitant le quotidien des communautés dont la vie dépend de cette culture de cacao » poursuit-il.

 

Vis ma vie de sourceur

Chez Varlhona un sourceur voyage 30 à 40 % de son temps et rencontre au moins une fois par an, les producteurs des pays dont il a la responsabilité. « C’est assez physique ! » s’amuse Julien Desmedt qui prépare son départ en République Dominicaine. Là-bas, il ne rencontrera pas moins d’une dizaine d’acteurs pour mener à bien des projets et entretenir un réseau qu’il lui faudra ensuite faire vivre.« Les heures de transport, en avion ou en voiture, associées aux décalages horaires sont parfois difficiles à gérer mais font partie des règles du jeu ! ».

sourceur valrhona voyage

Notre sourceur avoue que cela en vaut vraiment la peine : « À chaque fois, on est accueilli dans les pays de la même façon que l’on arrive : avec une énergie nouvelle, des ondes positives et la volonté de faire toujours mieux. Nous évoluons dans un métier qui fait sens. Nous sommes là pour développer des projets, défendre une vision de respect, de transparence et de durabilité. Chaque voyage est un moment hors du temps qui nous rappelle la chance que nous avons d’exercer une telle profession. Visites des cultures, participations à des colloques internationaux, rendez-vous avec les parties-prenantes, mises en place et suivis de projet, le champ d’intervention des sourceurs est aussi large que la palette de personnes qu’ils rencontrent. « C’est un autre aspect très intéressant de notre métier : nous échangeons avec tous les maillons de la filière, en amont comme en aval : les producteurs, les représentant des Etats, des ONG mais aussi les restaurateurs, les pâtissiers et tous ceux qui transforment nos produits finis ». Une vision globale que Julien qualifie d’aussi passionnante qu’enrichissante. Quand ils ne sont pas sur le terrain, les sourceurs travaillent à Tain L’Hermitage, où ils dressent les bilans de leurs voyages, préparent les prochains, s’entretiennent avec les autres pôles de la marque, participent à des salons, rencontrent les clients Valrhona… Des missions plus sédentaires, pourtant essentielles à leurs activités. »

sourceur partenariat producteur en ivoire

Les qualités requises d’un bon sourceur

S’il n’y a pas, à proprement parler de formations « sourceur », chez Valrhona, ces métiers sont exercés par des agronomes. Tous ont des profils « couteaux suisses », l’esprit aventurier, une forte sensibilité aux enjeux environnementaux et sociétaux du monde et de l’expérience dans les pays avec lesquels ils seront amenés à travailler. Souples, ils savent s’adapter aux différents contextes qu’ils rencontrent. Curieux et réactifs, ils comprennent vite les enjeux du pays dans lesquels ils se trouvent et disposent d’un bon esprit de synthèse. « Il faut aussi faire preuve de patience car notre activité s’inscrit dans un temps relativement long » ajoute Julien. « En effet, il faut compter 5 ans en moyenne pour qu’un partenariat aboutisse entre un producteur de cacao et Valrhona. C’est le temps nécessaire pour apprendre à se connaître, comprendre ce que l’on attend de l’autre, instaurer un climat de confiance et créer un très beau produit » précise-t-il. « Il n’y a que le temps qui permet de développer des partenariats durables, à l’image de celui que nous avons depuis plus de 30 ans avec la plantation Millot » conclut-il.

 

Une sélection rigoureuse et humaine des producteurs de cacao.

Valrhona travaille avec des producteurs de cacao qui partagent sa vision et ses ambitions en termes de qualité de produit mais aussi de durabilité. À quelques exceptions près, Valrhona n’a pas de contrat d’exclusivité avec ses coopératives. Toutes ont d’autres clients, de manière à ce qu’elles préservent leur indépendance et assurent leur pérennité. Il existe une cinquantaine de pays producteurs de cacao dans le monde.

plantation haiti

À ce jour, Valrhona achète 0,15 % de la production mondiale à 15 d’entre eux. « Un chiffre qui n’est pas immuable » commente Julien : « Nous développons de nouveaux partenariats avec de nouveaux pays quand il est possible de s’y implanter et que cela est pertinent pour Valrhona ».« Pour qu’un producteur de cacao devienne partenaire, il doit évidemment proposer un profil aromatique intéressant et recherché en interne ou apporter quelque chose de nouveau à la marque. Cela donne parfois lieu à de belles découvertes : « la cuvée du sourceur », par exemple, qui est un coup de cœur, un produit rare ou chocolat différenciant, proposé sur une origine ou sur un terroir au sein d’une origine. Ces cuvées sont proposées en exclusivité à certains clients et peuvent devenir, à terme, des grands crus. « Le Kilti 66% est l’une de ces cuvées », explique Julien. « C’est un chocolat pur Haïti aux notes fruitées et camphrées qui mérite d’être connu du plus grand nombre ! C’est en tout cas mon coup de cœur » confie-t-il. « En plus d’être exceptionnel en bouche, il est le fruit d’un beau partenariat entre Valrhona et la Feccano une coopérative située au nord de l’île, composée d’un millier de producteurs. » Pour un sourceur Valrhona, l’intérêt gustatif d’un chocolat est donc aussi important que l’histoire qu’il raconte et des valeurs qu’il défend !